Au conditionnel
J’ai passé tant de nuits à briller sous mille soleils
A butiner les fleurs de ma bohème
Et pour rien au monde, je n’changerai le goût de ce miel
Mais voilà, vous me posez un sérieux problème
Non pas que vous ayez changé la couleur de mon ciel
Mais les choses aujourd’hui ne sont plus les mêmes
Et c’est non sans regret que j’ai eu vent de la nouvelle.
Une information à mettre au conditionnel,
Mais il semblerait bien que je vous aime.
Et même si la rumeur se fait de plus en plus belle
Et qu’elle crie sous mon toit que vous êtes une crème
S’il devient évident que vous semblez être celle
J’ai le coeur enchaîné à mon vieux théorème
C’est à mon grand regret que je n’peux que vous l’énoncer comme tel.
Une information à mettre au conditionnel,
Mais il semblerait bien que je vous aime.
Faut-il que je songe enfin à me brûler les ailes ?
Ne croyez surtout pas que j’en ai la flème
C’est sans doute par crainte que je chasse le naturel
Mais il tombe dans vos bras.
C’est commun, les mortels
Bientôt je serai prêt, je serai l’homme le plus formel.
Une information à mettre au conditionnel,
Mais il semblerait bien que je vous aime.
Présentation
Une petite présentation serait sans doute utile mais restons dans le vague et vaguons ensemble à travers les idées folles qui me traversent parfois et me permettent de repenser mon quotidien et de trouver le monde merveilleux.
Je vais donc vous présenter un auteur qui compte pour moi et qui permet l’évasion:
Robin Hobb, Margaret Astrid Lindholm Ogden de son vrai nom est née le 5 Mars 1952 en Californie. Depuis son plus jeune âge elle est baignée dans la littérature et sait déjà qu’elle écrira. Sa première nouvelle est publiée alors qu’elle n’a que 18 ans sous le pseudonyme de Megan Lindholm.
C’est seulement en 1995 avec la publication de « L’apprenti assassin » (le premier tome d’une saga composée de trois trilogies) sous le pseudonyme de Robin Hobb qu’elle connaît son plus grand succès et figure sur les listes des best-sellers en Europe et aux Etats-Unis.
Les critiques et son public ne tarissent plus d’éloges et elle devient « l’auteur fantasy incontournable », un des maîtres du genre. Un gigantesque engouement qui pousse à la comparer régulièrement à Tolkien (critiques, quatrième de couvertures…) ce qui est « vendeur » mais malheureux. Si le lecteur s’attend à lire du Tolkien en ouvrant un livre de Hobb, il risque inévitablement d’être déçu.
« Les ‘grands’ de n’importe quelle catégorie transcendent les barrières des genres. Terry Pratchett est son propre genre. Stephen King également. Si vous écrivez suffisamment bien, les lecteurs se moquent de savoir quelles sont vos racines. Ils veulent juste lire une bonne histoire. » Robin Hobb (1)
Pour ce qui est d’écrire de belles histoires surprenantes, saisissantes, mystérieuses qui nous tiennent en haleine du début à la fin, Robin Hobb est douée. Mais elle ne suit pas « les codes de la fantasy », que ce soit dans « Le dernier Magicien » ou dans le « Dieu dans l’ombre », l’univers est notre monde contemporain, la séparation entre fiction et réalité est ténue. Elle touche d’ailleurs un public bien plus large que les seuls adeptes de littérature fantastique.
Ce qui caractérise vraiment ses œuvres est son talent narratif et la subtilité des mondes imaginaires dans lesquelles elle nous plonge. Elle nous donne l’illusion de rester aux portes du réel tout en nous entraînant doucement dans le merveilleux.
L’univers hobbien nous trouble par cette incessante confusion entre le réel et l’imaginaire, entre le bien et le mal…par l’incessante évolution des magies, des personnages. A chaque page tournée, nous lisons en équilibre sur un fil en nous interrogeant du quel côté nous allons tomber.
Sa plus grande force est le caractère introspectif de ses récits et la psychologie de ses personnages, c’est aussi ce que certains peuvent lui reprocher…on peut être agacer par les réflexions intérieures de Fitz, le personnage principal de son épopée ou par la passivité d’Evelyn, l’héroine du « dieu dans l’ombre » mais c’est justement ce qui leur donne vie.
Robin Hobb analyse avec justesse son environnement et grâce à cette description soutenue des différentes facettes de chaque personnalité, elle arrive à nous faire entrer dans la peau du personnage et à nous faire éprouver des sentiments qui ne nous appartiennent pas.
Elles nous titillent parfois à la limite de nos tabous comme dans le « dieu dans l’ombre » et c’est parfois ce qui rend la lecture pour certains si pénible. Elle bouscule nos convictions, nous irrite tant ses personnages résonnent en nous et nous renvoient à nos propres inhibitions.
Une lectrice disait au sujet de ce livre : « Je l’ai fini il y a quelques jours et j’ai été un peu déçue. Très vite, j’ai pris Evelyne, « l’héroïne » en grippe. Le rôle de l’épouse soumise, incapable de prendre une décision et qui n’est bonne qu’à faire le ménage et à satisfaire son mari, très peu pour moi. J’ai rapidement eu envie de lui crier : mais réagis, fais quelque chose ! Tu es une femme, pas une amibe ! »
Hobb ne taille pas ses personnages pour nous faire plaisir, elle ne les rend pas politiquement corrects, elle les laisse tout simplement vivre et évoluer au gré de l’histoire et peu importe si le lecteur se révolte de ne pouvoir intervenir, pris dans l’histoire sans aucune prise sur elle. Peu importe, il est atteint et jamais il ne reste indifférent aux personnages hobbiens.
L’art de Robin Hobb réside à nous laisser des portes ouvertes aux rêves et à toute sorte d’interprétation, ce qui permet de refermer le livre et de continuer à vivre l’histoire dans notre tête en échafaudant mille et une solutions.
De plus, le rêve rejoint la réalité quand on sait qu’après 10 ans de succès Robin Hobb a su rester modeste et proche de son public .
En France, on peut aussi saluer le talent d’Arnaud Mousnier Lompré qui nous a livré une excellente traduction de l’Assassin Royal (entre autres).
Personne à ce jour ne peut dire si Robin Hobb marquera l’histoire de son empreinte mais ce qui est certain c’est que nombre d’entre nous aurons eu, entre leur main, « un livre qu’on ne peut pas lâcher »(1).
(1) Interview de Robin Hobb réalisé par Pat (www.fantasyhotlist.blogspot.com), le 31 mai 2006.
Pour en savoir plus vous pouvez consulter :
Son site officiel (en anglais) -- http://www.robinhobb.com/
Le site français dédié à son œuvre -- http://www.rivages-maudits.com/hobb.php
Sa page Wikipédia -- http://fr.wikipedia.org/wiki/Robin_Hobb
Bibliographie (qui n’est pas à jour^^)
Ouvrages publiés sous le nom de Robin Hobb :
Cycle de L’Assassin royal (Pygmalion) – 6 tomes + 7 tomes
L’Apprenti assassin
L’Assassin du roi,
La Nef du crépuscule,
Le Poison de la vengeance,
La Voie magique,
La Reine solitaire.
Le Prophète blanc,
La Secte maudite,
Les Secrets de Castelcerf,
Serments et deuils,
Le Dragon des glaces,
L’Homme Noir,
Adieux et retrouvailles
Cycle des Aventuriers de la mer (Pygmalion) – pour le moment 6 tomes publiés
(À lire impérativement avant le tome 7 de l’assassin royal)
Le Vaisseau magique,
Le Navire aux esclaves,
La Conquête de la liberté,
Brumes et tempêtes,
Prisons d’eau et de bois,
L’Éveil des eaux dormantes
(Reste de la traduction à venir)
Nouvelle :
Retour au pays (Recueil Légendes de la Fantasy II)
Prix Imaginales 2006
Cycle du Soldat Chamane (Pygmalion)
La déchirure (octobre 2006)
Ouvrages publiés sous le nom de Megan Lindholm :
Cycle de Ki et Vandien (Mnémos)
Le Vol des Harpies, Les Ventchanteuses, La Porte de Limbreth,
(A venir) Les roues du destin
Cycle Le Peuple des Rennes (Le Pré aux Clercs)
Le Peuple des Rennes, Le Frère du loup
Le Dernier Magicien
Prix Imaginales 2004
Mnémos, 2003
Le Dieu dans l’ombre (Télémaque)
Nominé au Prix Imaginales 2005
La nuit du prédateur (Mnémos)
Alien Earth (Télémaque)